Samedi 12 septembre marque un rendez-vous incontournable dans le monde hippique : la 250e édition du St Leger à Doncaster, une épreuve aussi ancienne qu'exceptionnelle. Créée en 1776, cette course classique britannique détient un héritage intact, seulement interrompue une fois depuis sa naissance lors de l'événement historique de la Révolution américaine. Une tradition flamboyante qui brille par sa pérennité et son caractère unique.
Le St Leger : une légende née en septembre 1776 et un classique célébrant sa 250e édition
Le décor est planté sur les terres du Yorkshire, où, à Doncaster, cinq propriétaires organisent une course de plat pour chevaux de trois ans. Initialement sans nom, c’est lors d’un dîner convivial en 1778 que la course prendra le nom d’Anthony St Leger, son créateur, plutôt qu’un hommage à un marquis, préféré par l’assemblée. Le St Leger naît ainsi la même année que la Déclaration d'indépendance des États-Unis — comme quoi, il n’y a pas que le Nouveau Monde qui a marqué 1776 ! Son ancienneté le place en tête des cinq classiques britanniques et lui confère le statut de course la plus ancienne encore disputée.
La course interrompue uniquement le 12 septembre 1939 : un événement unique dans son histoire
En deux cent cinquante et un ans, et malgré deux guerres mondiales et maints bouleversements, le St Leger n’a manqué qu’une unique édition, annulée le 12 septembre 1939, conséquence directe du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Cette interruption exceptionnelle souligne la résilience d’un événement qui a su naviguer entre transferts temporaires de lieu — de Newmarket à Ayr en passant par York — pour préserver la tradition sans faille. Cette continuité est d’autant plus remarquable que le calendrier hippique mondial regorge d’exemples où la guerre ou les crises ont stoppé net des courses bien moins pérennes.
Un héritage international : quand un cheval français signe la Triple Couronne anglaise
Si le St Leger évoque avant tout l’Angleterre, un détail historique amuse les connaisseurs : en 1865, Gladiateur, cheval français entraîné en Angleterre, gagne cette course dans un exploit retentissant. Son triomphe sur ces terres anglaises lui vaut le surnom de “Vengeur de Waterloo” en France, cinquante ans après la bataille. Cette réussite prestigieuse d’un cheval français soulève la question de l’internationalité d’un héritage qui dépasse les frontières. Gladiateur reste à ce jour le seul représentant français lauréat de la Triple Couronne britannique, une anecdote qui saisit l’attention bien au-delà des pistes.
Pourquoi le St Leger est devenu la classique fuyante des meilleurs chevaux modernes
La distance de près de 2 921 mètres, réservée aux seuls trois ans, la difficulté de l’épreuve, et le timing en septembre, après une longue saison, en font un défi plutôt réservé aux spécialistes. Les chevaux de vitesse issus d’un élevage modernisé, privilégiant la précocité, désertent souvent l’épreuve, la préférant à d’autres courses ou à une carrière au haras. Ainsi, depuis Nijinsky en 1970, personne n’a réussi à boucler le triplé des classiques anglaises, un exploit aussi rare que précieux.
De façon un peu paradoxale, cette distance longtemps célébrée comme l’épreuve de référence pour l’endurance fait désormais figure d’exception dans un univers où la course à la vitesse mène. Pourtant, pour les passionnés, cela reste l’essence même d’un héritage transmis avec soin, attestant d’une tradition ancrée au cœur même de la culture hippique britannique. Pour en savoir plus sur l’histoire riche et les enjeux liés à ces courses rares, on peut aussi découvrir des articles fascinants sur des figures légendaires comme Ourasi ou explorer comment le cheval a devancé la locomotive dès 1830 ici.