À Saint-Lô, 103 foals Selle Français passent au jugement : plus de la moitié sont à vendre
ACTUALITÉS ÉQUESTRES

À Saint-Lô, 103 foals Selle Français passent au jugement : plus de la moitié sont à vendre

Par Emma ·

À Saint-Lô, le championnat des foals Selle Français ne se résume pas à de jolies crinières encore en bataille. Les 25 et 26 septembre 2026, 103 poulains passeront devant les juges, et 53 figurent au catalogue comme chevaux à vendre : une vitrine d’élevage équin où le futur champion suprême pourrait aussi avoir un prix… communiqué au téléphone.

Championnat des foals à Saint-Lô : deux jours de jugement

Le rendez-vous se tiendra au Pôle hippique de Saint-Lô, de 9 h à 17 h les deux jours. Le vendredi, les poulains évolueront en liberté avec leur mère dans le grand manège, présentés par des Young Breeders ; le samedi, place à la présentation en main dans la cour du haras, avant la remise des prix.

Le classement final reposera sur la moyenne des notes obtenues lors des deux manches. Trois titres seront décernés : champion suprême des mâles, championne suprême des femelles et, pour départager les deux lauréats, champion suprême des foals. Deux passages, deux terrains : même à quelques mois, mieux vaut éviter le coup de fatigue du samedi.

Quatre sections pour comparer les jeunes chevaux

Les 103 engagés sont répartis en 29 femelles âgées, 27 mâles âgés, 23 femelles jeunes et 24 mâles jeunes. La catégorie dépend de la date du 1er mai : un foal né en février n’a pas le même développement qu’un poulain arrivé en juillet, et les mettre dans le même lot reviendrait à comparer un petit galop à un sprint.

Le règlement prévoit jusqu’à 60 places chez les mâles et autant chez les femelles ; le plateau de cette édition n’est donc pas complet. Les aléas de l’élevage font partie du décor : une blessure ou une jument qui supporte mal le voyage peut faire disparaître un engagement plus vite qu’un seau de granulés à la sortie du box.

Comment les juges évaluent un foal Selle Français

La grille de jugement accorde 30 % aux allures et 30 % à l’impression d’ensemble. Les allures permettent d’observer le pas, le trot et le galop, tandis que l’impression générale porte sur l’harmonie, la présence et le chic du poulain — autrement dit, son aptitude à entrer dans le rond sans avoir l’air de chercher la sortie.

L’avant-main, le corps, l’arrière-main et le dessous comptent chacun pour 10 %. Les juges regardent ainsi la tête, l’encolure et l’épaule, mais aussi la ligne du dos, la puissance de la croupe et les membres. Chez un animal en pleine croissance, les aplombs peuvent encore évoluer ; un défaut marqué, lui, ne passe pas inaperçu sous prétexte que le poulain est mignon.

La première manche est notée à l’aveugle : les Young Breeders présentent les foals, et les juges ne savent pas à qui appartient chaque sujet. Une façon de limiter l’influence des réputations dans un milieu où les lignées et les éleveurs sont souvent aussi connus que les chevaux. Pour en savoir plus sur l’actualité équestre régionale, le Normandie Horse Show et sa nouvelle identité visuelle donnent un autre aperçu du dynamisme de la filière.

53 foals à vendre : le concours comme vitrine du marché équin

Le catalogue officiel annonce 53 poulains à vendre sur les 103 présentés, avec les coordonnées de leurs naisseurs. Cela représente plus d’un foal sur deux : 13 femelles âgées, 16 mâles âgés, 10 femelles jeunes et 14 mâles jeunes. La proportion est plus élevée chez les mâles, avec 30 sujets proposés sur 51, contre 23 femelles sur 52.

Le concours d’élevage sert donc aussi de rendez-vous pour la vente de chevaux. Les acheteurs ne découvrent pas seulement un poulain de quelques mois : le programme présente sa généalogie maternelle et des indices de saut d’obstacles associés à ses apparentés. À Saint-Lô, le pedigree fait partie de la conversation, même si le poulain préfère parfois discuter avec la queue de sa mère.

Aucun tarif n’est affiché dans la liste : les contacts se nouent directement avec les éleveurs. Cette vitrine peut aider à faire connaître une souche, à attirer l’attention des étalonniers ou à orienter les choix de reproduction pour l’année suivante. Le rendez-vous normand consacré au cheval s’inscrit ainsi dans une région où concours, sélection et marché équin se croisent régulièrement.

Une note qui compte, sans prédire toute une carrière

La dotation officielle atteint 12 000 euros, avec jusqu’à 3 000 euros par section ; seule la première moitié de chaque catégorie reçoit une prime, auxquelles peuvent s’ajouter celles des programmes Génétique Avenir et Selle Français Originel. La récompense donne un coup de projecteur, mais ne transforme pas une note de foal en garantie de victoire future sur les terrains de saut d’obstacles.

L’édition précédente l’a illustré avec Palme d’Or de la Noue, championne suprême après avoir remporté la section des femelles jeunes avec 17,90 sur 20. Chez les mâles âgés, Popstar du Galet avait obtenu la même note. À cet âge, le jugement distingue un modèle et des allures prometteurs ; la suite dépendra de la croissance, de la santé, du travail et, bien sûr, d’un peu moins de cabrioles au moment de rentrer au box.

Articles similaires

Voir tout →