Calandagan retrouve Ascot le samedi 17 octobre pour tenter de conserver son titre dans le Champion Stakes. Hongre privé du Prix de l’Arc de Triomphe, le champion de l’Aga Khan devra aussi composer avec un nouveau partenaire : Christophe Soumillon remplace Mickaël Barzalona, suspendu.
Champion Stakes à Ascot : Calandagan vise la défense du titre
Le départ du Champion Stakes est prévu à 16 h 05, heure anglaise, soit 17 h 05 à Paris. Cette course hippique de 2 000 mètres est le rendez-vous phare du British Champions Day, qui clôt la saison britannique des courses de chevaux.
Entraîné à Chantilly par Francis-Henri Graffard, Calandagan avait remporté l’épreuve en 2025 devant Ombudsman, avec deux longueurs et quart d’avance. Le plateau définitif ne sera connu qu’après les déclarations de partants : les 45 chevaux engagés ne sont pas tous destinés à prendre le départ — les courses de galop ont, elles aussi, leur petite différence entre l’invitation et le billet d’entrée.
Un hongre écarté à jamais du Prix de l’Arc de Triomphe
Calandagan est né en Irlande en 2021, par Gleneagles et Calayana, et a été élevé pour l’Aga Khan. Castré après sa première course, disputée à Deauville en août 2023, il ne peut pas participer au Prix de l’Arc de Triomphe, réservé aux chevaux entiers et aux femelles.
Cette règle tient à la vocation historique de l’Arc : distinguer des chevaux susceptibles de contribuer à la reproduction. Calandagan, hongre, ne pourra donc jamais y défendre ses chances, même après avoir été élu meilleur cheval de course du monde en 2025. Dans l’écurie, c’est son compagnon Daryz qui porte les espoirs de la maison à Longchamp, tandis que Calandagan s’est construit un autre royaume, celui d’Ascot.
La castration a aussi une conséquence pratique : un hongre peut poursuivre sa carrière en piste sans que le calendrier du haras ne vienne lui souffler de prendre sa retraite. À cinq ans, Calandagan reste donc en compétition, quand plusieurs de ses rivaux entiers ont déjà changé de métier pour devenir reproducteurs.
Christophe Soumillon remplace Barzalona dans le Champion Stakes
Depuis 2025, Mickaël Barzalona avait monté Calandagan à chacune de ses courses. Deux jours de suspension, infligés après son utilisation de la cravache sur Fairy Glen lors du week-end de l’Arc, l’empêchent toutefois d’être en selle à Ascot.
L’écurie de l’Aga Khan a confié Calandagan à Christophe Soumillon, qui montera également Rayif dans les Queen Elizabeth II Stakes. Ce choix a une dimension familière : le jockey belge a porté la casaque verte à épaulettes rouges de 2002 à 2009, puis de 2014 à 2022. Il connaît la maison, même si découvrir un cheval en course reste différent de le retrouver chaque matin à Chantilly.
Pour un cavalier, le changement de partenaire n’est jamais une simple permutation de selles. Il faut sentir le rythme, comprendre le tempérament et choisir le moment de demander l’accélération ; heureusement, Calandagan n’est pas un débutant qui découvre le parcours en même temps que son jockey.
Une saison 2026 contrastée avant le retour à Ascot
La saison précédente avait été exceptionnelle : Calandagan avait gagné le Grand Prix de Saint-Cloud, les King George VI and Queen Elizabeth Stakes, puis le Champion Stakes. Il avait ensuite remporté la Japan Cup à Tokyo, d’une tête, en signant un temps record sur 2 400 mètres de gazon. Le doublé King George-Champion Stakes, déjà rare, donnait à son année des airs de tournée triomphale avec escale au Japon.
En 2026, son parcours a été moins linéaire. Il s’est imposé dans le Dubai Sheema Classic le 28 mars, a terminé quatrième de la Coronation Cup le 6 juin, puis a gagné le Grand Prix de Saint-Cloud le 5 juillet. Deuxième derrière Kalpana dans les King George le 25 juillet, il n’a pas recouru depuis.
Cette pause de près de trois mois peut lui apporter de la fraîcheur, mais elle laisse aussi une question en suspens : où en est sa forme réelle face à des adversaires qui auront peut-être couru plus récemment ? À Ascot, le repos est un atout tant qu’il ne se transforme pas en sieste prolongée.
La distance et le terrain, deux paramètres à surveiller
Les 2 000 mètres du Champion Stakes sont plus courts que les 2 400 mètres sur lesquels Calandagan a brillé dans plusieurs grandes épreuves. Il devra donc trouver une accélération franche, et pas seulement compter sur sa tenue, qualité qui l’a porté vers de nombreux succès.
Le terrain comptera tout autant : à la mi-octobre, Ascot peut offrir une piste souple, selon la pluie de la semaine. Sa longue ligne droite se termine en montée, un détail qui rappelle aux chevaux partis trop vite que l’arrivée n’est pas toujours une formalité — même quand elle se voit depuis le départ.
Le British Champions Day 2026 propose sept courses, dont cinq de Groupe 1, pour une dotation totale annoncée de 4,35 millions de livres. Qatar Racing succède à QIPCO comme sponsor titre, et le Champion Stakes, doté de 1,3 million de livres, en est l’épreuve la plus riche.
À Ascot, Calandagan retrouve son terrain de jeu
La piste d’Ascot lui rappelle de beaux souvenirs : il y a remporté les King George en juillet 2025 avant de revenir en octobre gagner le Champion Stakes. Cette fois, il devra conjuguer une distance plus courte, un jockey différent et une opposition encore à préciser.
Ombudsman, battu l’an dernier, figure parmi les engagés. Mais tant que les partants et l’état officiel du terrain ne sont pas annoncés, le scénario reste ouvert : la défense du titre se jouera autant dans les jambes du cheval que dans le bon dosage de son effort.